Une même rengaine certes mais un plaisir intact !
C’est la même rengaine chaque année depuis 4 ans maintenant : un rendez-vous unique et partagé un beau dimanche matin d’avril.
Unique car chaque édition est différente : les conditions météorologiques d’une part (plus ou moins à en juger les superbes conditions de 4 dernières éditions), la forme du moment, la préparation qui s’en est précédée. L’expérience du coureur prêt à avaler les 42,195 km de l’épreuve se veut aussi (normalement) plus mature au fur et à mesure des épreuves accumulées.
Un moment partagé car ce sont quelques 57 000 coureurs qui y étaient inscrits cette année 2018 pour plus de 40 000 finishers… tout de même ! Avec 30% de coureurs étrangers, plus de 150 nationalités représentées, c’est un vrai grand moment de partage et ce ne sont pas les centaines de milliers de sectateurs jonchés tout au long du parcours qui diront le contraire ! Orchestres, fanfares, rockeurs, déguisements en tout genre, ce ne sont pas les originalités qui manquent, pour une ambiance optimale. Que l’on aime ou pas, il faut reconnaître que l’ambiance est monstrueuse. Hormis quelques passages plus calmes dans les bois (Vincennes surtout, moins Boulogne), très peu de répit en termes d’ambiance.
Pour ma part, j’ai une histoire avec ce marathon puisqu’il est à la fois mon meilleur chrono mais aussi le pire, sur les 9 marathons comptabilisés mon premier à Paris en avril 2015, avec un grand écart certain : 4h40 min pour l’édition de 2015 et 3h41min en 2017
De la grisaille à la lumière
La préparation est souvent froide, venteuse et pluvieuse mais chaque dimanche d’avril, le marathon de Paris nous réserve sa plus première journée chaude et ensoleillée du printemps, et ce pour le plus grand plaisir des spectateurs, et des coureurs aussi (car Paris sous le soleil on ne va pas s’en plaindre…) . Mais il est évident que la transition d’une préparation aux conditions le plus souvent maussade (Bretagne je t’aimerais toujours quoi qu’il en soit mais 2018 ne nous a vraiment pas épargnés), à une journée quasiment estivale, ajoute quelque peu à la difficulté innée de l’épreuve du marathon.
2015 : Aïe aïe, aïe !
2015, ma pire édition ; ce fameux 12 avril 2015 : un départ bien évidemment trop rapide (avec le recul et l’expérience, l’analyse est toujours plus facile). Un chrono de 4h40min avec le fameux mur des 30…Certains le vivent bien, d’autres se le prennent en pleine face. Cette année-là en tout cas, il était bien là.
Il faut dire que je ne l’avais sans doute pas volé. Grisé par un état de forme que je jugeais optimal du fait d’un beau chrono d’ 1h31min quelques semaines plus tôt lors du semi-marathon de Paris, l’allure cible de 12km/h me paraissait facile…
Oui mais j’avais bien évidemment omis ou du moins négligé le facteur temps d’effort, et ce d’autant que la préparation n’avait pas été des plus sérieuses avec une impasse sur les sorties les plus longues pourtant prévues et fortement conseillées dans le cadre de mon plan d’entraînement. Bref, une grossière erreur qui m’a valu une montée de lactiques dont mes jambes se souviendront toute leur vie, depuis le 30ème jusqu’à la fin…et une pause de 25 minutes dans la tente de la Croix Rouge quelques km après le 30ème tellement les jambes ne répondaient plus…
Cette édition 2015, je l’ai gardée en mémoire, comme ayant été la plus chaude parmi les 4 dernières… Ce serait à vérifier toutefois, tant la météo est plus que clémente à chacune des dernières éditions.
Quand vous vivez une première expérience telle que celle de 2015, cela calme un peu les ardeurs et surtout ça apprend l’humilité. Donc finis les départs au-delà du rythme de confort, on s’écoute, on se ménage… mais on serre quand même un peu les dents sur le dernier tiers. Facile à dire avec le recul, mais toujours compliqué de se raisonner quand on poursuit un objectif de temps… Alors, je suis d’accord, Paris n’est peut-être pas (et sans doute auriez-vous raison) le meilleur marathon pour un temps… Mais si on peut allier plaisir de courir avec ce petit challenge de performance en plus, alors pourquoi s’en priver. Et puis, le breton est têtu (dit-on…) !
2016 : 3h57 min avec quelques parties marchées sur le dernier tiers du parcours (départ trop rapide ENCORE) et pas la grande forme à l’arrivée. Et toujours cette difficulté aux abords des 30km. Gggrrr !
2017 : 3h41 min, là encore départ un peu rapide (mais un peu c’est toujours trop, surtout sur cette distance) et inévitablement une perte d’allure importante à compter du 30ème km, sinon les 3h30 n’étaient pas loin. Le chrono est mieux mais toujours trop de souffrance à mon goût.
2018 : 3h57 min (soit quelques secondes de moins qu’en 2016) mais cette fois-ci avec un contenu tout autre. Aucune pause marchée, hormis ravitaillements, et pas de réelle souffrance. Une édition certes plus lente que l’objectif souhaité mais avec plus de maîtrise et donc plus de plaisir aussi !
« Il t’aura fallu 4 éditions et 8 marathons pour apprendre !?! »
Oui, sans doute, et je ne pense pas avoir fini d’apprendre tant chaque course est unique. Et c’est aussi ce qui fait le charme de ces épreuves. Connaître la course c’est bien, mais se connaître, c’est mieux et c’est je pense ce qui fait et fera la différence.
L’âge moyen du marathonien est de 40/41 ans (Marathon de Paris). Ce n’est sans doute pas un hasard donc si on assimile cet âge à celui de la maturité.
Dans mon cas, je n’ai pas encore atteint 40 ans, signe, s’il en fallait un, que je n’ai toujours pas fini mon apprentissage, et c’est tant mieux !
Et je ne dis pas qu’on ne progresse – ni on ne gagne en maturité – après 40 ans… J’espère bien que non 😉

