Le Trail de l’Ultra Marin du Golfe du Morbihan : 56km de souffrance et de bonheur par Laure

Inscrite sur le l’Ultra Marin du Golfe du Morbihan, distance 56km, je savais que je me lançais dans un défi difficile mais la réalité à dépasser mon imagination.

16h50 Sarzeau, briefing de course : les conditions météo sont extrêmes, la chaleur et le soleil sont violents, sur les autres courses presque 50% d’abandon. Pour ces raisons nous auront le droit de prendre les bouteilles d’eau que nous donnent les spectateurs, des points d’eau sont aussi ajoutés. Ça va être difficile, le but sera juste d’arriver au bout. Je suis accompagnée d’un ami et de mon père.
17h chargée avec mes réserves d’eau, me voila partie…. le départ est donné, comme sur toutes les courses ça part vite, il va falloir calmer ses ardeurs car le chemin est long et brûlant … On essaye de se caler à un petit rythme de croisière. On reste en peloton assez long temps au bout de 5km on voit la mer… il faut faire attention où l’on pose les pieds, se concentrer et boire régulièrement petit à petit.

Certains commencent déjà à marcher, la chaleur fait ses premières victimes…. Durant ces kilomètres, je comprends très vite que la météo ne va pas rendre les choses faciles voire va fortement les compliquer.
Ma stratégie : boire régulièrement ! J’opte pour de l’eau plate alternée avec de la boisson isotonique car avec la chaleur le sucre passe difficilement. Avec tout ce liquide ingurgité et la chaleur, on comprend également vite que manger solide et sucré va être difficile. Je décide donc de retarder un peu l’alimentation solide et surtout de tabler sur le salé.

KM16.5, LE HEZO :  j’arrive au ravito au bout d’ 1h50 de course. Tout le monde s’asperge de flotte, la course va être difficile pour toute le monde …J’ai perdu mon équipage mais après mon check-up mise à part la chaleur tout va pour le mieux …. Je sais que dans 4km il y a un point d’eau…. Je conserve mon rythme d’avant ravito, je double les coureurs du 177km en les encourageant.

KM22, NOYALO ; le point d’eau. Je remplis mes bidons, je m’asperge pour faire redescendre la chaleur. Je décide d’attendre maximum 2min pour voir si mes 2 compères sont là. Au bout d’une minute, je vois au loin mon père arriver. C’est reparti mais à deux cette fois. Sur tout le parcours les habitants et les spectateurs nous arrosent à coup de tuyaux d’arrosage et de bouteilles.

KM30 : un point d’eau supplémentaire – on rempli les réserves, on s’arrose, la chaleur commence vraiment à peser sur les organismes, les coureurs tombent les uns après les autres …. Les crampes aux mollets apparaissent mais je décide de ne pas arrêter.

KM36, SENE :  Ravito solide et point d’eau – on fait le plein, on rentre dans la salle pour manger, j’étire mes mollets. Mon père n’est pas bien, je repars sans lui.
4h50 de course je repars, il reste 22km avant l’arrivée. Je sais qu’un point d’eau est placé dans 10km : c’est le prochain objectif. Je continue ma stratégie, garder le rythme et ne pas s’arrêter entre les ravitos et les point d’eau, ne pas marcher sauf en cas de difficultés type plage.

Coucher-de-soleil-Ultra-MarinLe parcours est dans les terres et au détour d’un virage je retrouve la cote, je m’arrête pour une photo du coucher de soleil.

La lumière décline peu à peu la température devient plus supportable mais il fait encore très chaud, il faut toujours que je m’hydrate bien. Rester vigilante, avec la lumière qui diminue et le parcours escarpé entre plage et sentier marin c’est un coup à finir le nez au sol. Là il faut installer la frontale et le brassard, mais pas question de s’arrêter, je marche.

KM44 – le point d’eau a été avancé – une belle surprise – faire le plein et s’arroser

KM51 :  j’arrive au dernier point d’eau, il fait une chaleur ! Je passe la tête sous le robinet trempe mes jambes, bois un coup !
On passe par les chemins des douaniers, certains sont allongés dans les fourrés, d’autres sur les bancs, d’autres marchent sur 2 jambes et certains sur une, les autres titubent ….. On est peu à encore courir. Il est toujours hors de question que je marche !

Je vois le port de Vannes, son entrée. Encore 3km. Ça tire.

J’arrive sur les bordures du port, les spectateurs se densifient, les encouragements sont plus nombreux, 56km. Cette ambiance me porte, me relance, relance ma foulée, me donne le sourire et je sens également les larmes ….
Je profite de ces kilomètres. Je passe les arches d’arrivée les unes après les autres, je monte sur le tapis rouge avec une foulée de début de course, j’entends mes parents, j’entends les applaudissements, la photo finish et la ligne !
Mains sur les genoux, j’ai le sourire, je me retourne pour contempler l’arrivée, ce que je viens de faire, ce que je viens de courir, ce que je pensais ne jamais atteindre ! Les larmes mais avec le sourire

Pack-finisher-Ultra-Marin58km (+2km rajoutés par l’organisation quelques semaines avant le jour J)- 7h23 d’ effort – Un tee shirt bleu Finisher – Des ampoules – Des courbatures

Article rédigé par Laure – @souriresauxbaskets– rédactrice bénévole et membre de runagora.