Aller au contenu

Rhabdomyolyse : ce que les coureurs doivent savoir après le marathon de New York

Une coureuse de 24 ans est décédée au marathon de New York d’une rhabdomyolyse, selon le diagnostic des médecins. Ce syndrome détruit brutalement les fibres musculaires, et l’issue fatale reste rare. Le néphrologue Olivier Milioto en décrit le mécanisme, les facteurs de risque et les signaux qui doivent faire s’arrêter.

Par

Publié le 13 min de lecture

Des milliers de coureurs du marathon de New York sur le pont Verrazzano-Narrows
Photo : « New York marathon Verrazano bridge », Martineric from Lille, France. / Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0
Sommaire · 5 parties

En bref

  • La rhabdomyolyse est une destruction brutale des fibres musculaires.
  • Un effort inhabituel, la chaleur, la déshydratation et les anti-inflammatoires la favorisent.
  • Chaleur intense et douleurs musculaires difficiles à supporter imposent de s’arrêter.
  • Le décès reste rare, mais 39 cas ont été recensés à New York entre 2017 et 2023.

Un phénomène remis en lumière à New York

Le dimanche 1er novembre, Rachel Apa courait son premier marathon, à New York. Elle s'est effondrée au 39e kilomètre, dans Central Park. L'organisateur, New York Road Runners, indique que l'équipe médicale a utilisé un défibrillateur après les premiers gestes de réanimation d'un témoin. Transportée à l'hôpital Mount Sinai, la coureuse de 24 ans est décédée quelques heures plus tard. Les médecins ont attribué son décès à une rhabdomyolyse, un syndrome que le néphrologue Olivier Milioto a détaillé pour 20 Minutes.

Ce qui se passe dans le muscle

Pour Olivier Milioto, la rhabdomyolyse correspond à une destruction brutale des fibres musculaires. Le contenu des cellules musculaires se trouve alors libéré. Il comprend notamment du potassium. Relâché brutalement par les muscles, celui-ci peut provoquer un arrêt cardiaque.

Les reins sont eux aussi exposés. Les muscles libèrent de la myoglobine, qui peut venir obstruer le rein. D'où l'atteinte rénale souvent associée au syndrome.

Ce qui favorise la rhabdomyolyse

Selon le néphrologue, la première cause tient à l'effort lui-même, lorsqu'il est inhabituellement intense et prolongé. Des muscles qui n'y sont pas préparés souffrent de façon inadaptée et finissent par se détruire. Une forte chaleur pendant l'effort aggrave la situation. La température du corps monte et favorise cette destruction musculaire.

L'état de forme du jour pèse aussi. Une déshydratation favorise la rhabdomyolyse, en particulier après un épisode de diarrhée ou de vomissements. La fièvre et une infection en cours font partie des mêmes facteurs.

Olivier Milioto attire enfin l'attention sur les anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l'ibuprofène, le kétoprofène ou le diclofénac. Pris par voie orale avant ce type d'effort, ils prédisposent à la rhabdomyolyse. Ils exposent aussi à ses formes graves.

Les facteurs de risque cités

  1. Effort inhabituel Un effort intense et prolongé pour lequel les muscles ne sont pas préparés
  2. Chaleur La hausse de la température du corps favorise la destruction musculaire
  3. Déshydratation et infection Diarrhée, vomissements, fièvre ou infection en cours favorisent le syndrome
  4. Anti-inflammatoires Leur prise orale avant l’effort prédispose aux formes graves

Les signaux qui doivent faire s’arrêter

Le piège de la rhabdomyolyse tient à ses symptômes. La triade classique associe des douleurs musculaires, appelées myalgies, une faiblesse et des urines foncées. Sur le terrain, Olivier Milioto retient deux signaux d'alerte immédiats : une sensation de chaleur intense et des douleurs musculaires difficiles à supporter. Il faut alors s'arrêter, sans chercher à persévérer.

Les signes peuvent aussi se manifester après la course. Selon la Cleveland Clinic, citée par NBC New York, des muscles faibles ou douloureux plusieurs jours après l'effort doivent faire guetter un gonflement musculaire ou des urines foncées. Une baisse du volume des urines, des nausées ou une perte de connaissance font partie des autres symptômes possibles. Mieux vaut alors consulter sans attendre : des analyses de sang et d'urine permettent de confirmer le diagnostic.

Le traitement repose le plus souvent sur une réhydratation par perfusion, avec un apport d'électrolytes. Une dialyse peut devenir nécessaire quand les reins sont très atteints.

39 cas recensés à New York entre 2017 et 2023

Selon Olivier Milioto, 39 rhabdomyolyses ont été recensées au marathon de New York entre 2017 et 2023. Le néphrologue juge ce chiffre significatif. L'issue fatale, elle, reste rare.

Pour le spécialiste, le marathon est un effort particulièrement soutenu. Il demande une préparation de longs mois, progressive et par paliers. Personne ne peut improviser 42 kilomètres de course sans s'y être préparé physiquement. Il faut aussi se présenter au départ en ayant évité la déshydratation et la prise d'anti-inflammatoires. La progressivité et l'écoute de ses limites restent les meilleures précautions.

La course

Marathon de New-York

Dimanche 7 novembre 2027 · New-York

Partager cet article

Signé par

  • La rédaction Runagora

    Rédaction de Runagora

    La rédaction de Runagora signe les guides pratiques du site, sur route comme en trail, du choix des chaussures à l’entraînement.

Commentaires

Aucun commentaire pour le moment.

À lire aussi