Comment bien choisir ses chaussures de running par Simon

Il peut paraître difficile de se retrouver dans le marché de la chaussure de running aujourd’hui alors que la pratique n’a jamais été autant à la mode.

Certains coureurs novices pourraient êtres tentés de prendre la vieille paire sneakers oubliées au fond du placard et avaler quelques kilomètres avec ou bien acheter la dernière paire à la mode dont la promesse de la marque est qu’elles courent presque toutes seules…

Dans le fond, aucune règle n’existe quant à ce que l’on doit chausser pour pouvoir courir correctement – il y aura simplement quelques recommandations et quelques éléments à connaître… juste pour savoir où nous mettons les pieds. Décodage…

Quel coureur suis-je ?

La première question que doit vous poser un vendeur et que vous devez vous poser avant chaque achat est : à quelle fréquence je cours et combien de kilomètres ?

La règle est somme toute assez simple : moins vous courez de kilomètres et moins vos runnings devraient vous coûter chères. Il ne vous servira strictement à rien d’acheter la paire de chaussures proche des 200 euros si vous faites seulement 5 kilomètres par semaine. Et rapportée au nombre de km parcourus, la paire vous reviendra d’autant plus chère d’ailleurs…

Ne perdez pas en vu également l’objectif, si vous en avez un. Par exemple, si vous êtes plus ou moins proche de zéro kilomètre aujourd’hui mais qu’au cours d’un apéro, tonton Michel vous a lancé au défi de courir (sérieusement) le semi-marathon du coin dans trois mois. Votre kilométrage risque de significativement augmenter jusqu’à ladite course. Donc inutile de lésiner sur les chaussures et nous verrons pourquoi un peu plus loin.

Mon type de foulée

La deuxième question venant juste après le type de coureur que je suis sera : « Quel est mon type de foulée ? »

Il sera assez simple de répondre à cette question. Aujourd’hui, de nombreux magasins spécialisés dans le running pourront vous répondre facilement en vous faisant courir sur un tapis ou simplement en regardant vos vieilles paires de running, même madame Irma ne pourrait faire mieux dans les paumes de vos mains. Pour l’expliquer simplement, il existe trois grands types de foulées :

 

  • la foulée universelle : Elle concerne environ 50% des coureurs. Ce type de foulée est la plus « saine ». Comment la reconnatre ? C’est simple, prenez votre vieille paire de running et regarder les traces d’usures sous la semelle : milieu d’avant pied et extérieur du talon. Coureurs universels, vous pouvez choisir à peu près n’importe quelles chaussures, y compris les plus légères. Cependant, attention à la pronation de fatigue qui touche quasiment tous les coureurs lors des sorties à longue distance.

 

  • la foulée pronatrice : Plus ou moins 45% des coureurs sont pronateurs. Elle se reconnait très facilement car elle se distingue en un effondrement du pied vers l’intérieur lors de la relance du pas. La pronation peut être de différents degrés, et c’est à ce moment précis que le choix des chaussures va être important. Car plus votre pronation sera importante et plus cela sera traumatisant pour vos articulations, d’abord les chevilles et a fortiori les genoux. Amis pronateurs, privilégiez des chaussures avec un bon maintien du pied, quelques marques sont spécialisées dans la chose, telle que Asics (Kayano) Mizuno (Wave Inspire) ou encore Brooks (Hurricane). Oubliez la toute légère Pegasus de chez Nike, bien trop souple.

 

  • la foulée supinatrice : Forcément plus rare que les deux précédentes. Le coureur supinateur aura tendance à courir en s’appuyant majoritairement sur l’extérieur des pieds, ce qui provoquera une usure à l’extérieur des semelles. Elle peut être aussi traumatisante pour les articulations que la foulée pronatrice. Privilégiez, vous aussi, un excellent maintien du pied. Certaines chaussures spéciales supinateurs existent telles que les Asics Gel-Cumulus.

 

Si vous ressentez souvent des douleurs aux articulations ou au dos lorsque vous faites une sortie, n’hésitez pas à consulter un podologue (du sport) qui vous fera un bilan podologique. Rien ne peut remplacer un professionnel de santé ; d’autres facteurs peuvent êtres sources de traumatismes, tendinites, blessures… Le podologue pourra vous renseigner sur votre posture, vous fabriquer des semelles sur-mesure et vous conseiller sur les chaussures.

Votre morphologie aura également un impact sur le choix des runnings et ceci afin de ménager vos articulations. Il faut savoir que chaque genou d’un coureur encaissera 5 à 8 fois son poids de corps à chaque foulée. Il est donc préférable pour un coureur dit « lourd » de privilégier l’amorti. Car, oui votre chaussure, grâce aux différentes couches qui composent sa semelle, jouera le rôle d’amortisseur afin de préserver au maximum vos articulations et vos muscles.

Route, chemin, trail ?

Cela sera à votre appréciation et selon vos besoins, aujourd’hui beaucoup de chaussures sont mixtes et seront destinées à la route et aux chemins. Quant aux chaussures de trails, elles auront des crampons plus importants pour éviter de glisser à la première descente, souvent un maintien de la cheville et du pied accru, ainsi que pour certaines d’entre-elles un « pare-pierre » situé sur le devant de la chaussure. Vous trouverez également des chaussures imperméables mais évacuant l’humidité produit par vos pieds et/ou des semelles intérieures bactéricides afin d’éviter les mauvaises odeurs et autres champignons.

Combien de temps vont durer mes runnings ?

C’est une question assez délicate qui sera aussi à l’appréciation de chacun. En règle générale, cela sera entre 600 et 800 km d’utilisation pour les chaussures les plus robustes. Pour les pronateurs et les supinateurs, un des moyens simples pour voir si votre chaussure est à bout de souffle : posez la seulement à hauteur de vos yeux (par exemple sur une table), talon de la chaussure vers vous et regardez si la chaussure s’affaisse vers l’intérieur pour les pronateurs, ou vers l’extérieur chez les supinateurs. Le cas échéant, il sera probablement temps de les changer. Car vous l’aurez compris, plus les kilomètres passeront et moins votre chaussure jouera son rôle de maintien du pied.

Bien sûr, n’attendez pas que votre mesh soit troué et que vos orteils dépassent pour renouveler votre paire. Si de récentes douleurs aux articulations se font sentir et que vos chaussures sont vieillissantes cela peut être dû à l’amorti de la semelle qui ne joue plus son rôle.

L’entretien ?

Oubliez la machine à laver qui a tendance à tasser la mousse des semelles et qui risquera de faire perdre la qualité d’absorption des chocs de vos chaussures. Dites-vous simplement que vos chaussures méritent elles-aussi un bon coup dans la douche de temps en temps en prenant soin au préalable d’enlever vos semelles amovibles. Pour la terre incrustée dans le mesh : un bon coup de brosse à dent (de préférence usagée (ou bien celle du conjoint ;-)) fera l’affaire.

En bref

Même si nous pouvons penser que « courir c’est gratuit » il est important de bien choisir sa chaussure lorsque la pratique devient sérieuse. Dites-vous bien qu’une bonne paire de chaussures de running est un réel investissement qui vous évitera sans doutes des blessures et vous permettra de continuer à courir. N’oubliez pas de toujours prendre une demie à une pointure au-dessus de votre taille habituelle (selon les marques). Et bien sûr, n’oubliez pas de les essayer et de comparer les marques, les prix, les modèles. Faites-vous plaisir et choisissez la bonne couleur, car rien n’est pus beau qu’un sportif qui a du style.

Article rédigé par Simon – @slimansimon– rédacteur bénévole et membre de runagora.