La musique adoucit les moeurs et motive les coureurs… Enfin, il paraît !! – par Stéphane

Dans le petit monde des runners (enfin petit petit, il paraît que courir est à la mode et que la course à pied a de plus en plus d’adeptes chaque année), chacun a ses petites habitudes ou ses petites préférences. Il y a ceux qui préfèrent courir l’hiver plutôt que l’été, il y a les accros au short et ceux qui préfèrent le confort d’un collant. On trouve aussi des coureurs qui sont plus du matin et d’autres qui préfèrent courir le soir. Il existe aussi les habitués du dossard accroché dans le dos et ceux qui veulent l’avoir devant. Et il y a les runners qui ne peuvent se passer de musique lors de leur session running et ceux qui au contraire ont besoin de rester en totale communion avec le monde qui les entoure pendant qu’ils courent. J’ai donc décidé, pour ce nouvel article d’aborder ce dernier point. La musique pendant la course : bonne ou mauvaise idée ?

Avant je courais sans musique… mais ça c’était avant !

La course à pied a toujours fait plus ou moins partie de ma vie depuis tout petit mais elle est vraiment devenue une habitude et une routine à l’adolescence. A cette époque (lointaine…), je n’ai jamais ressenti le besoin de courir avec de la musique. J’étais motivé uniquement par le plaisir de courir et j’avais suffisamment d’énergie pour ne pas avoir besoin d’une aide extérieure pour me faire avancer.

Mais bizarrement, quand j’ai repris la course il y a 3 ans environ (beaucoup de temps étant passé depuis la fin de mon adolescence…) j’ai ressenti la nécessité d’avoir un moteur supplémentaire pour me faire avancer. Non pas que la musique me motive à me lever ou à me bouger pour aller courir mais elle est un soutien pendant mon run. Quand mes jambes commencent à se traîner, j’essaie de me trouver un bon son bien énergique pour que mes jambes aient envie de se déplacer au rythme de la chanson. Et cela est efficace pour moi dans 95% des cas.

Evidemment, la musique n’a pas de pouvoir magique et tout cela est purement mental. Si mes jambes ne veulent plus avancer, toute la musique du monde se suffira pas à me faire avancer mais sur certaines courses je sais que si je n’avais pas eu la musique pour m’aider et me booster je ne serais peut-être pas allé au bout de la course. La musique est utilisée dans certaines thérapies et notamment pour guérir certains troubles du sommeil donc la musique a sans aucun conteste des vertus, après comme pour tout, c’est juste une question de sensibilité personnelle.

photo de Stéphane, lors d'une sortie run en musique
Lors d’une de mes sorties running, écouteurs vissés aux oreilles

Ne jamais dire jamais…

Je dois avouer que quand j’ai repris la course à pied, je me suis tout de suite dit que je ne pourrais JAMAIS me passer de musique pour courir. J’en étais tellement convaincu que je n’ai même pas pris la peine d’essayer de m’en passer. J’en étais presque arrivé à l’extrême où si je n’avais pas pensé à recharger mon lecteur mp3 ou mes écouteurs, je préférais reporter ma sortie plutôt que d’y aller sans musique.

lecteur MP3 et casque audio pour courir en musique
Jamais sans mon équipement favori…

Puis, un jour, sur une des nombreuses pages de running que je suis sur Facebook il y avait un sondage « Courez-vous avec ou sans musique ». J’ai répondu à ce sondage et j’ai justifié d’un commentaire le pourquoi. Et un autre membre a répondu à mon commentaire en me disant que lui préférait largement courir sans et rester en contact avec son environnement proche et à l’écoute de son corps, de sa respiration, de ses pas… j’ai répondu que pour moi la musique c’était indispensable et que je ne pensais pas pouvoir faire sans. Ce à quoi, il a répondu : « Tu devrais quand même essayer ».

Etant une personne de nature curieuse, je me suis dit après tout pourquoi pas. Je me suis rappelé que plus jeune je le faisais tout le temps donc pourquoi pas revenir « à l’ancienne ».

Je me suis donc donné comme objectif de faire ma prochaine sortie running planifiée sans musique. Au départ, je me suis dit que je ne ferais que 5 km car c’était déjà pas mal et que sans musique de toute façon je ne me voyais pas pouvoir faire beaucoup plus. Au final, j’ai fait une sortie de 10 km et j’ai aimé ça. J’ai redécouvert des sensations que j’avais oublié, j’ai trouvé un plaisir différent et finalement une certaine liberté. Courir au rythme de son souffle, entendre ses appuis sur le bitume, entendre les oiseaux dans la forêt, maîtriser son environnement proche en anticipant l’arrivée des voitures en entendant le moteur. Et surtout, finalement, je n’ai pas couru moins vite, je n’ai pas ressenti le besoin de m’arrêter, je n’ai pas eu moins de motivation et encore plus étonnant j’ai pris beaucoup de plaisir lors de cette sortie.

Depuis cette petite expérience, je continue à courir le plus souvent avec mes écouteurs vissés sur les oreilles mais j’ai aussi décidé de faire toutes mes courses de trail sans musique pour 2 raisons. La première, parce que le trail est une course assez technique et que je veux pouvoir être attentif à tout ce qu’il se passe autour de moi pour éviter les accidents bêtes. La deuxième, parce que le trail est le plus souvent en pleine nature et que je veux profiter au maximum de ce qui m’entoure sinon à quoi bon courir dans la forêt si ça n’est pour en profiter (et sait-on jamais des fois qu’un sanglier se mette à me courser je préfère l’entendre arriver pour avoir le temps de grimper dans un arbre…).

 

La musique c’est bien mais en toute sécurité c’est mieux !

La musique peut être un moteur supplémentaire pour certaines personnes dans la pratique de la course à pied ou du sport en général mais quand on parle de course à pied et de musique je ne peux m’empêcher d’aborder le sujet de la sécurité. En effet, une fois les écouteurs sur les oreilles et la musique avec le volume au maximum, nous sommes dans notre bulle et complètement isolé du monde qui nous entoure. Mais quand, comme moi, nous avons l’habitude de courir en ville il y a un certain nombre de dangers qui nous guettent si nous ne sommes pas vigilants : ne pas entendre les voitures arriver de derrière, faire un écart car nous n’avons pas entendu arriver le vélo qui nous double ou encore ne pas se rendre compte que Médor est en train de nous courser car il a envie de se faire un petit mollet au petit déjeuner.

Donc afin d’éviter de se retrouver sur le capot d’une voiture, pensez à diminuer le volume de la musique dans vos oreilles afin d’entendre un minimum le monde qui vous entoure. Ou pensez à investir dans des casques ou écouteurs qui laissent passer les bruits environnants ou encore mieux si vous en avez les moyens, optez carrément pour les casques à conduction osseuse (très à la mode en ce moment) qui permettent d’écouter votre musique en ayant vos oreilles totalement libres (Magique !).

Que vous soyez un coureur du dimanche ou du lundi matin, un coureur frileux ou toujours en chaleur, un coureur attaque talon ou médio-pied, un coureur débutant ou expérimenté, un coureur mélomane ou nature ; peu importe du moment que vous y trouvez votre bonheur. Il n’y a pas UNE façon de courir, il y a la vôtre.

Et même si vous courez sans musique, rien ne vous empêche de chanter sous votre douche après votre run…

Stéphane-rédacteur bénévole et membre de runagora. Son profil instagram