Mon premier semi-marathon : le coup de la panne par Stéphane.

Lorsque j’ai commencé la course à pied en compétition, je m’étais promis de ne jamais dépasser la distance de 10 km pour les courses sur route car dans mon esprit il était impossible de courir beaucoup plus sans ressentir une certaine souffrance. Or, pour moi, même les compétitions doivent rester un plaisir. Mais voilà, j’avais quand même pris le risque de participer à un concours pour gagner un dossard pour le semi-marathon de Paris 2017, en me disant au pire si je gagne ça veut dire : qu’il faut que je tente le coup pour savoir si ma théorie sur les courses longues est exacte… Evidemment je ne m’étais pas du tout imaginer que j’allais être tiré au sort et devrais aller jusqu’au bout de mon expérience « le destin a parlé ». Le bilan de ma 1ére expérience sur une course longue officielle a été plutôt mémorable…

Un semi-marathon ça se prépare ! (Normalement …)

Mis face au résultat de ma « bêtise » (tu as fait un concours pour un semi maintenant il s’agit d’assumer), il a fallu que je me renseigne sur comment bien préparer un semi-marathon. Il n’était pas question non plus de lire tous les livres sur la préparation optimale pour courir un semi-marathon ou de regarder des vidéos d’athlètes kenyans qui se préparent pour les plus grands marathons du monde mais juste de prendre quelques infos pour ne pas se blesser et surtout aller au bout de la course ; qui, ne nous cachons pas, était mon objectif numéro 1 en prenant le départ de cette course.

Suite à ces recherches, j’ai décidé d’appliquer d’une part la préparation proposée par le site officiel du semi de Paris qui était complète et assez simple à mettre en place, et d’autre part d’utiliser une application pour mobile (Fréquence running) qui proposait également une préparation sur mesure en fonction de l’objectif de temps que je m’étais fixé sur la course et surtout de mes disponibilités sur la semaine. L’envie et la motivation étaient là ! Enfin, au début tout du moins…

Le plan d’entraînement conseillé par l’application devenant très vite contraignant, car avec le travail, les obligations parentales, les contraintes quotidiennes il était difficile de trouver du temps pour suivre l’entraînement tel qu’il était imposé. J’ai donc très vite pris la décision d’abandonner l’utilisation de l’application pour me faire mon propre entraînement en changeant simplement le programme de mes sorties hebdomadaires et en incluant des sorties longues que je n’avais encore jamais faites jusque-là. Au fond de moi, je pensais bêtement que finalement un semi-marathon ça n’était ni plus ni moins qu’un peu plus du double des 10 km que j’avais l’habitude de faire sans trop de souffrance. Erreur numéro 1 ! S’il existe des personnes qui mettent en place des plans d’entraînements complexes pour les courses longues cela doit sûrement être pour une raison…

Récupération du dossard : la pression monte… un peu !

Dossard récupéré pour le semi-marathon de Paris édition 2017
Le précieux dossard !

C’était la première fois que je devais faire une queue aussi longue pour récupérer un dossard. Rien d’étonnant si l’on considère qu’il y a des milliers de participants sur ce semi-marathon de la capitale mais impressionnant quand on n’en a pas l’habitude. Cela dit, j’ai vite vu la différence entre une grosse course avec des gros moyens comme le semi de Paris et une course de village avec un petit budget. La récupération des dossards est très organisée, très carrée avec des règles précises à suivre : on fait tamponner le certificat médical avant d’aller à l’étape suivante pour récupérer le fameux dossard puis avec le dossard en poche, on a le droit de se diriger vers la 3ème étape pour récupérer le t-shirt finisher. Eh oui ! Sur cette course, le t-shirt est donné avant le départ, le jour de la remise du dossard donc au pire même si le lendemain tu ne te présentes pas à la course car tu as eu trop peur, tu pourras quand même faire genre « Oui oui ! J’ai fait le semi de Paris cette année. Tu veux voir le t-shirt il est trop beau ! Mon chrono ?! Moi j’ai fait ça juste pour le fun tu sais. Je n’ai même pas vérifié mon classement ou mon chrono. »

Ensuite, le rituel sur cette course est de retrouver sur une énorme bâche affichée sur un mur du hall, ton nom et tom prénom parmi les milliers d’autres inscrits. Afin d’arriver à vos fins il vous faudra une bonne paire d’yeux , car autant vous dire qu’avec le nombre de participants (plus de 45 000 cette année-là), l’écriture utilisée est minuscule. Et beaucoup de patience. Mais une fois que vous avez enfin mis le doigt sur votre nom vous éprouvez une certaine satisfaction de vous dire que vous allez prendre part à un événement de cette ampleur.

Le mur des participants au semi-marathon de Paris édition 2017
Mission accomplie : retrouver son nom sur le mur des participants !

Jour J : le ravito venait du ciel en continu !

 Si vous avez l’habitude de courir ou de suivre les résultats de certaines courses, vous aurez sûrement entendu au moins une fois : « Cette chaleur sur la course était vraiment insupportable ! ». Et parfois, on pense, à tort, que courir sous la pluie est mieux pour l’organisme est moins grave que la chaleur. Après cette course, je n’en suis plus très sûr.

Le jour du départ, le temps était horrible. Il y avait non seulement de la pluie, qui n’a pas cessé de tomber du début à la fin de la course. Mais aussi du vent, le plus souvent de face évidemment, sinon où est l’intérêt d’avoir du vent ? Mais aussi et surtout, une température excessivement fraîche. Bref, un cocktail qui séparément ne poserait pas forcément de problèmes mais qui réuni ne donne pas les meilleures conditions pour participer à une course longue ; encore moins, quand il s’agit de la première.

Top départ ! Trop vite, même pour te réchauffer, tu ne courras point !

On pourrait appeler cela une erreur de débutant car sur ce type de courses j’en étais effectivement un ce jour-là. Ou un manque de préparation. Quel que soit le nom que vous lui donnerez je l’ai très vite regretté.

Dès le départ donné, par vagues pour fluidifier la course, je suis parti comme une flèche. J’ai mis ma montre en route et je me suis mis à galoper dans les rues de Paris sans trop me poser de questions (j’aurais peut-être dû, oui je sais…). Je me sentais super bien dans la tête et les jambes répondaient parfaitement à mes sollicitations. Je fonçais très heureux d’avoir finalement décidé de me lancer dans un semi-marathon, je doublais beaucoup de coureurs qui pour moi semblaient trop lents (mais finalement et si c’était eux qui avaient raison ?).

Les kilomètres défilaient les uns après les autres sans aucune difficulté. J’étais déjà trempé à cause de la pluie qui ne cessait de tomber mais à ce moment précis cela ne me gênait en aucun cas.

Arrivé au 10ème kilomètre je jette un œil sur ma montre et je me rends compte que j’ai presque établi mon RP sur cette distance. Je me dis que je suis beaucoup plus en forme que je ne le pensais finalement et je suis très satisfait de moi. Je ne ressens pas plus de fatigue que d’habitude donc je continue ma course en ralentissant tout de même un peu le rythme car je me dis que je n’ai même pas encore fait la moitié de la course.

15ème kilomètre : le mur ! Infranchissable ou presque…

Le passage du 15ème kilomètre a été pour moi une expérience très étrange que je n’avais jamais traversée jusque-là. Je n’avais littéralement plus de jus, plus d’essence, plus d’énergie. Mon corps voulait juste s’arrêter et mes jambes semblaient refuser de continuer. Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait et comment je devais le gérer. J’étais perdu même un peu paniqué, ne sachant pas si cela pouvait être grave ou pas et si c’était un phénomène normal.

J’ai donc décidé d’opter pour l’option qui me semblait la plus logique à cet instant : marcher ! J’ai donc marché un peu en me disant que mes jambes allaient moins subir et donc se reposer pour retrouver l’énergie nécessaire pour finir cette course. J’ai marché pensant un kilomètre il me semble, en tentant de temps en temps de reprendre la course en trottinant mais mes jambes ne semblaient plus le supporter. Je suis arrivé à un ravito et c’est la première fois que je m’arrêtais vraiment pour prendre le temps de me servir et de « savourer » un ravito. J’ai bu et j’ai mangé en me disant que finalement c’était peut-être de ça que mon corps avait vraiment besoin.

J’ai continué à marcher un peu encore après le ravito mais un nouveau problème compliquait encore plus mon éventuelle reprise de ma course. Comme je l’ai dit un peu plus haut dans cet article, il pleuvait, il y avait du vent ET il faisait très froid. Forcément lors de ma marche, mon corps s’est refroidi et mes muscles aussi et beaucoup plus vite que je ne m’y attendais à cause de la température particulièrement basse ce jour-là.

C’est ainsi, que pour la 1ère fois depuis que je m’aligne sur des courses officielles, je me suis dis que la meilleure solution pour moi était d’abandonner, de laisser tomber la course (tant pis pour la médaille), de me faire reconduire jusqu’à la ligne d’arrivée en voiture et de rentrer chez moi…

Si tu n’as plus les jambes, tu as la tête !

Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours eu une énorme motivation et un principe sur lequel je ne suis jamais revenu en 38 ans d’existence : je n’abandonne JAMAIS ! Quel que soit le domaine, à partir du moment où je m’engage à faire quelque chose je mets tout en place pour arriver au bout de mon objectif. Certains penseront que c’est idiot ou que je suis juste trop têtu ou un peu prétentieux. Mais pour moi ça n’est rien de tout ça. Je me dis juste que la motivation est un sacré moteur et qu’il ne faut pas oublier que le corps est régi par une seule chose : le cerveau ! Donc, si vous vous mettez dans la tête (au sens propre du terme) que vous pouvez y arriver il y a beaucoup plus de chance que cela soit vraiment le cas.

Bref ! Passons le quart d’heure philosophie et revenons à nos baskets.

Je pensais donc à l’abandon car mes jambes ne voulaient pas se remettre en marche et que je ne voulais pas finir mon 1er semi-marathon en marchant. Mais comme je l’ai dit, ça n’est pas du tout dans mon caractère donc j’ai puisé dans ma force mentale la volonté nécessaire pour ordonner à mes jambes de se remettre en fonction. Je me suis trouvé des raisons, propres à moi-même d’aller jusqu’au bout en me promettant aussi que même si j’allais jusqu’au bout de cette course aujourd’hui PLUS JAMAIS je ne ferai de semi de ma vie.

Quand les jambes ne veulent plus, la tête veut ! J’ai donc remis mes jambes en action malgré les tremblements dus au froid, malgré l’apparition de crampes, malgré la pluie qui continuait à tomber. Je me suis remis à trottiner, doucement mais sûrement. J’ai couru, à un rythme très très modéré. Mais au mental, j’ai finalement réussi à passer la ligne d’arrivée en un peu plus de 2h. J’ai récupéré ma médaille avec la satisfaction d’avoir réussi à puiser au fond de moi pour finir cette course. J’avais les jambes horriblement raides et douloureuses. Je tremblais de froid et je ne rêvais que d’une seule chose : un bon bain bien chaud ! Et surtout je me suis juré, une fois encore après le passage de la ligne que je ne recommencerai plus jamais ça. A ce moment précis, dans mon esprit, il s’agissait ici de mon premier ET de mon dernier semi-marathon. J’ai tout de suite pensé : « Tu vois ! Tu avais raison ! Les course longues ça n’est pas humain. C’est trop de souffrance. 10 km c’est très bien ! ».

Stéphane-en-finisher-du-semi-de-paris-2017
Finisher du Semi-marathon de Paris édition 2017

Conclusion

Je suis convaincu qu’une course comme un semi-marathon nécessite un minimum de préparation et qu’il ne faut pas sous-estimer les conséquences d’une mauvaise préparation sur une course longue.

Mais j’ai aussi pu constater que, dans certaines limites bien évidemment, le mental est un atout non négligeable en course à pied. Les jambes nous portent et nous permettent de progresser sur le parcours mais dans les moments compliqués la tête est un allié pour trouver la motivation et l’énergie nécessaires pour se dépasser au-delà de ce que l’on se pensait capable de réaliser.

Je suis sûr que vous vous demandez si, après cette mauvaise première expérience, je suis finalement revenu sur ma décision de ne plus jamais m’aligner au départ d’un semi-marathon. Est-ce que j’ai été assez fou pour retenter l’expérience ?

Vous le saurez probablement dans un prochain article…

Stéphane-rédacteur bénévole et membre de runagora. Son profil instagram