Retours d’expériences sur l’UTMB par Emmanuel

A l’approche du tirage au sort pour l’édition 2019, je souhaite partager mon retour d’expérience sur mes 2 participations à l’UTMB en 2014 et 2018.

Quand je parle de l’UTMB, je parle bien de la course de 171 km et 10.000m D+ qui fait le tour du Massif du Mont-Blanc en partant de Chamonix, puis l’Italie, la Suisse et enfin retour à Chamonix.

Précision utile car quand je dis que j’ai fait l’UTMB, souvent on me demande « laquelle ? ». Les autres courses (CCC, TDS, OCC) sont des épreuves ayant lieu la même semaine que l’UTMB mais ne font pas les mêmes distances. Elles portent simplement la « marque » UTMB.

J’ai fini les 2 fois, en 2014 en 38h30 (507ème) et en 2018 en 41h00 (850ème).

Donc quelques conseils issus de mon expérience personnelle.

Participation à l’UTMB

La préparation

  • J’ai suivi un plan de Jogging International sur 12 semaines qui me convient bien car n’allant pas au-delà de 4 séances hebdo.
  • Un plan doit être adapté à son rythme de vie perso pour que l’on ait envie de le suivre jusqu’au bout. Si un plan est trop ambitieux ou trop lourd, on risque de le lâcher en cours de route et ce n’est pas bon pour le moral
  • Ça donne quoi ?
Sur 11 semaines (hors 12ème semaine de l’UTMB) 2014 2018
Nbre de sorties (CAP, vélo, rando) / nbre d’heures 50 / 116 heures 48 / 108 heures
Temps de CAP 83h30 60h
Distance en CAP 750 km 601 km
Dénivelé en CAP 18.000m D+ 9.800m D+
Temps en rando 23h 43h
Distance en rando 51 km 165 km
Cumul CAP et rando 106h30 / 801 km 103h / 766 km

 

Conclusion : même si au global, distance et temps d’entraînement proches, un temps de CAP et un dénivelé réduits en 2018 par rapport à 2014.

 

  • La rando est un bon complément à l’entraînement, mais cela ne remplace pas des séances de courses
  • En 2018 il m’a manqué certainement 3 sorties rando-course de 45/50 km et de 6/7 heures avec du dénivelé (2500m de D+ par sortie).
  • Idéalement, avec l’UTMB fin Août, des vacances à la montagne fin Juillet/début Août, permettent ainsi de randonner et de courir dans de bonnes conditions.
  • A partir de mi-Août, il faut vraiment couper et ne plus faire que des séances d’entretien (sorties longues maxi 2h)

 

Le matos

  • Sac à dos :
    • en 2014 j’avais le modèle WAA UTMB, très bien, pas eu de problèmes, juste le défaut majeur pour moi concerne la ceinture ventrale et les poches qui vont avec qui ne sont vraiment pas terribles (attaches par velcro !)
    • en 2018, j’avais le Grivel Mountain Runner 20l, très bien rien à dire, les bidons sur les bretelles sont très pratiques pour recharger au ravito plutôt que de sortir la poche à eau pour la remplir
  • prendre une paire de chaussures de rechange pour mettre dans le sac d’allègement. En 2014, on a eu 6h de pluie non-stop du départ jusqu’aux Contamines, et j’étais bien content d’avoir chaussures et chaussettes sèches.
  • Pour le reste l’équipement obligatoire suffit
  • Les conseils classiques : ne prendre que du matériel déjà testé à l’entraînement, que ce soit chaussures, sac, textile, alimentation
  • Pour l’alimentation c’est tellement perso que pas de conseils à donner : juste moi, au bout d’un nombre x d’heures d’effort, plus grand-chose ne passe, sauf des aliments plaisir (snickers et bonbons haribo….c’est pas diététique, mais ça passe tout seul)

 

La course

A l’approche du départ !
  • Tout dépend de l’objectif de chacun mais pour moi c’était dans les deux cas de finir sans trop souffrir pour en profiter tout du long
  • Donc stratégie de course : on part cool et on maintient l’allure le plus longtemps possible, sans perdre trop de temps aux ravitos et on remonte tout naturellement au classement et c’est bon pour le moral !
  • Pièges à éviter :
    • partir trop vite (les 8/9 premiers kilos sont plats, on est entraînés par le rythme de la foule des coureurs et on le paie cash 50 ou 60 bornes plus loin) : moi j’étais à 8.5/9 km maxi au début jusqu’aux Houches
    • les barrières horaires : si on part tranquille sans trop s’endormir, normalement on a 1h d’avance sur la BH, simplement il ne faut pas perdre trop de temps aux premiers ravitos (Saint-Gervais/Contamines). Après, les délais sont largement tenables si on est parti tranquille et qu’on maintient son allure
    • bases vie :
      • la première est aux Contamines, ne pas y rester trop longtemps (maxi 15mn).
      • La seconde est à Courmayeur (atteinte pour moi les 2 fois vers 8h30/9h du matin) : arrêt maxi de 45mn pour ne pas perdre trop d’influx et rester dans sa course. En 2018, j’ai un peu trop traîné et je m’en suis voulu après
      • La troisième est à Champex, atteinte pour moi en début de soirée du Samedi : là aussi arrêt maxi de 45mn, le temps de faire un premier petit dodo mais pas trop tarder car on repart dans la nuit et la motivation peut baisser d’un coup
    • Il faut savoir que les 3 dernières ascensions de la course sont les plus dures car très raides, gravies de nuit et après déjà beaucoup d’heures d’effort…Donc cf point 1, si on est parti trop vite, ça devient compliqué à ce stade.
  • Gestion du sommeil : sauf à être surhomme ou élite, compliqué de ne pas prévoir de pauses sieste pour tenir toute la course. Pour moi l’idéal c’est de faire 2 pauses sieste de 15/20 mn maxi à chaque fois (Champex en 2014 et 2018 + Trient en 2018). L’idéal c’est peut être 15mn à Courmayeur puis 20mn ensuite à Champex)
Repos mérité mais de courte durée !

 

 

Conclusion

L’UTMB est vraiment un monument dans le calendrier des courses Ultra-Trails. L’ambiance y est extraordinaire, du début (à Chamonix dès le mercredi précédent la course, la ville vit au rythme des courses), pendant (bénévoles tous extras) et à l’arrivée (public nombreux).

Comme cela demande de nombreux sacrifices et efforts (financiers, en termes d’entraînement pour la vie de famille, physiques), il faut au départ être « frais » mentalement, évacuer tous les tracas pour que le mental soit au « vert » pour profiter de chaque instant. Les paysages (si la météo est clémente) sont magnifiques et il faut s’appuyer sur leur contemplation quand c’est dur physiquement.

A l’arrivée de l’UTMB !

Article rédigé par Emmanuel- rédacteur bénévole et membre de runagora.