Bonjour ! Bon je vais d’abord commencer par me présenter. Moi c’est Sarah, j’ai 28 ans et je vis au pays basque, une magnifique région avec la mer, les plages et surtout les montagnes.

J’ai commencé à courir il y a 2 ans : le 16 avril 2016 exactement.
Une vraie novice, et surtout une ancienne flemmarde de compétition.
Pour la petite histoire, j’ai assisté en avril 2016 en tant que spectatrice au marathon de Bordeaux. Voir tous ces gens si heureux en franchissant la ligne d’arrivée m’a émue et le lendemain je chaussais mes baskets pour la première fois. Mon objectif était de revenir à Bordeaux en avril 2017 pour être sûr cette ligne de départ pour courir mon premier semi.
Ma progression a été plus rapide que je n’aurais pu l’imaginer et sur un coup de folie j’ai donc pris mon dossard pour le marathon. Courir son premier marathon après 1 an de pratique ; un défi complètement fou !

J’ai donc commencé une prépa, ma première préparation de course. Je me retrouve à passer de 3 sorties semaine à 4 avec quelque chose que je n’avais encore jamais fait … du fractionné !! Mon dieu ! Autant vous dire que je déteste ça ; je n’en fais que pendant mes préparations au course sinon NON ; le plaisir avant tout. Le chrono n’est absolument pas ma priorité il faut le savoir mais plutôt de pouvoir tenir sur de très très longues distances ( + de 100 km ).
Me voilà donc partie pour 4 séances par semaine sur une base de 8 semaines. J’étais novice je ne savais pas ce que je faisais. Je sais maintenant qu’il vaut mieux prendre un plan sur 12 semaines avec 3 à 4 sorties . Donc ça n’a pas loupé : blessure à la fin du premier mois. Périostites à chaque tibias. Je ne pouvais plus courir, la douleur était insupportable. 4 séances c’était trop pour moi qui était débutante. Surcharge d’entraînement = blessures. Mon médecin me dit clairement que pour soigner ça, c’est 1 mois de repos. Mais dans 1 mois j’avais le marathon. Je décide donc de tout stopper pendant 1 mois mais de quand même courir ce marathon. J’ai fait un peu de marche et de rando pendant ce mois-là, mais aucun run !
Arrive le jour J ! Alors déjà il faut savoir que le départ du marathon de Bordeaux c’est le soir à 20h donc la journée entière dans les pattes, plus la fatigue ce n’est pas l’idéal pour un premier. Je ne réalise pas jusqu’à ce que je me place dans mon SAS. Et la c’est le coup de stress : « Qu’est-ce que je fais là ?? » Je n’ai pas couru depuis 1 mois, je ne tiendrai jamais 42 km. On m’avait dit qu’au marathon de Bordeaux l’ambiance était dingue. Alors pas exactement ! Petite rectification : l’ambiance est dingue pour le semi qui se court dans le centre-ville . Nous, on part dans la campagne : les châteaux perdus dans la nuit sans aucun spectateur… Si vous voulez de l’ambiance pour vous booster, je vous le déconseille vraiment.
J’ai vécu la nuit la plus longue de ma vie. Jusqu’au 6ème kilomètre j’étais accompagnée de mon homme qui faisait le semi. Quand nos chemins se sont séparés, j’ai compris ce que j’allais vivre. Jusqu’au 15ème j’allais bien mais à partir de là l’enfer a commencé ; j’ai couru du 15ème au 42ème avec le bas du dos bloqué , comme si je courais avec des chaussures vieilles de 30 ans. Chaque foulée me faisait mal, j’étais fatiguée mais surtout j’étais seule sur des portions, je n’avais ni coureurs devant ni derrière ; j’étais seule dans la nuit sur plusieurs kilomètres. Heureusement les bénévoles étaient là pour applaudir. Malgré le cauchemar que je vivais, je refusais d’abandonner ; je n’étais pas prête pour ce marathon mais ça m’aura servi de leçon. Ce qui m’a le plus touchée, c’est l’entraide. Que tu cours un marathon en 2h ou en 6h, la distance reste la même . On est tous dans le même bateau et on va tous vivre les mêmes galères. J’ai apprécié ces gens qui en me dépassant me faisaient une petite tape sur l’épaule en me disant » Allez ! Ne lâche pas ! » . On ne se connaît pas mais on s’aide entre nous » . J’ai croisé des gens au sol avec des crampes, d’autres en pleurs . Un marathon, c’est éprouvant et émouvant. Mon homme m’a récupéré au 41ème kilomètre ; il est environ 1h du matin, je n’en peux plus. Les gens ont déserté la place de la bourse , j’ai l’impression d’être la dernière. Je termine ce marathon en 5h03. Après ça, je n’arrivais même plus à monter un trottoir. J’ai passé les 3 jours d’après à réapprendre à marcher et par contre je suis resté bloquée du dos une bonne semaine.
Le premier marathon peut être un merveilleux souvenir. Le mien a été un cauchemar même si le sourire est revenu à l’approche de la ligne et les larmes de joie aussi ou plutôt de soulagement. Un marathon doit se préparer sérieusement et intelligemment.
Bien sûr je déteste rester sur une mauvaise note alors 6 mois après j’ai remis le couvert avec une préparation sans faille. Le plus beau de mes marathons : au Cap Ferret et en 4h28. Mais je vous raconterai ça une prochaine fois sinon ce n’est plus un article mais un livre que je vais écrire 🙂
Je vous laisse admirer ce marathon en photos.



