Article généreusement rédigé par Johann, rédacteur bénévole et membre de runagora.
Le choix de ses premiers trails
Envie de faire un sport à la mode, ou de s’essayer sur les sentiers ou tout simplement de s’évader, choisir son premier trail n’est pas si aisé.
Prendre un dossard sur une course route ne s’avère pas forcément plus facile (recherche de sensations, de performance ou de temps de référence) mais la recherche de vos premiers dossards en Trail va s’avérer encore plus complexe.
En effet qui dit trail, dit 80% minimum de route non goudronnée, donc 80% demandant plus d’effort que d’habitude.
Ajoutez à cela le dénivelé qui peut varier du simple au quintuple voire au-delà pour une même distance, chaque parcours aura un profil différent et c’est bien là toute la complexité.
Le profil du trail
Il s’agit là de mettre à plat le parcours et d’un faire une “courbe”. Cela permet de voir la quantité de côtes à affronter, et d’établir une stratégie de course.
En effet deux courses avec disons 20km et 300m de Dénivelé positif (D+) peuvent avoir un profil complément différent.
La première peut présenter un début sans difficulté et avoir une seule montée et descente plus ou moins raide alors que la seconde peut présenter une succession de montées et de descentes .
Une seule difficulté de 300m d’affilé sera bien différente en termes d’efforts que 5 difficultés cumulant 300m de D+ au total.
Sachant que le piège ne vient pas forcément des montées… les descentes s’avèrent en effet souvent « techniques » et c’est là où beaucoup perdent des places au classement.
Par exemple : voyez la différence flagrante entre ces profil de course : l’une faisant 20km et 2000D+ 1400D- et l’autre 41km et 800 D+

La technicité du parcours
Quand on parle de technicité, on parle du sol en lui même : passages en forêt, franchissement de pierriers ou chemins de randonnée ne vont pas solliciter votre attention et vos appuis de la même façon.
En forêt, vous devrez faire attention aux racines et branches au niveau de vos pieds, aux branches au niveau de la tête et parfois devrez zigzaguer entre les arbres.
Sur des pierriers, vous devrez ralentir et être attentifs à chaque pierre sous vos pieds, leur degré d’accroche et leur taille.
Sur chemins/sentiers classiques, ce sera souvent un peu plus tranquille.
On peut remarquer ici deux types de chemins qui ne permettront pas du tout d’adopter la même vitesse.


Le cumul distance et D+ :
Entre un 10km plat et un 10km avec 200D+, la différence est énorme, si vous êtes à l’aise sur un 10km classique, il se peut que vous éprouviez les pires difficulté sur une même distance de course avec 200D+.
Outre le profil de la course , ces deux formats ne s’abordent pas de la même manière. On a tendance à se donner à fond des le début sur un terrain plat alors qu’en trail le manque de rebond et le dénivelé peut vite vous jouer des tours si vous ne vous économisez pas un minimum jusqu’au passage de la dernière difficulté.
Les barrières horaires :
En trail, il n’est pas rare de se trouver face à des distances où des barrières horaires sont fixées. C’est avant tout pour la sécurité des coureurs, pour éviter de se perdre en pleine nuit alors que la course aurait dû s’achever avant le crépuscule, mais aussi pour faire un tri à l’inscription, et enfin souvent pour ne pas laisser des bénévoles durant 24h à un point fixe. Si vous passez le checkpoint en dehors de la BH, les « signaleurs » vous retireront le dossard et ce sera la fin de l’aventure .
Mixez le tout :
Donc reprenons un peu ces paramètres et mélangeons tout ça !
Il n’est donc pas rare de retrouver des habitués de la distance marathon qui s’engagent sur des distances de 30km avec 600D+, ces derniers savent que même si la distance est moindre, la durée de l’effort sera quasi aussi longue. Et c’est bien là que tout ce joue : la durée de l’effort .
Lors de votre choix de premier dossard, prenez en compte cette durée ! Si vous terminez un marathon en 4h, un trail de 42km et 800D+ devrait vous prendra entre 5 et 6h suivant le profil et la technicité du parcours.
Revenez sur les deux profils en tout début d’article, le 20km m’a pris 4h30 alors que le 41km 5h35. C’est énorme cette différence d’allure, n’est-ce pas ?
Le 20km était en montagne avec un sol technique et une ascension en altitude avec moins d’oxygène et les jambes « broyées » dès le début de course.
Le 41km quant à lui, avec ses faux plats et ces monts, permettait finalement de nombreuses relances, ce qui a favorisé une allure plus rapide sur cette seconde course par rapport à la première.
En conclusion :
Si vous avez l’habitude de courir 10km mais que vous souhaitez tester un trail, alors tentez de partir sur un format découverte de 8km avec 100D+ dans un premier temps. Cela vous permettra de prendre les sensations et d’identifier vos points faibles (relance, montée, descente, ravitaillement, manque de puissance sur les sols instables, etc.) et de les travailler pour aborder sereinement la suite .
Naturellement, il convient d’aller progressivement dans l’augmentation des distances et des difficultés.
Choisissez aussi une course proche de chez vous, permettant de connaître le terrain de jeu et de ne pas se lancer trop dans l’inconnu.
N’oubliez pas aussi de vous équiper en conséquences ; on voit encore trop souvent des coureurs sans frontale sur une course nocturne, ou sans chaussures de trail sur un terrain gras, ce qui peut entraîner accident et perte d’énergie inutilement.
Enfin n’oubliez pas : prenez du plaisir et respectez la nature avant tout 🙂
Article généreusement rédigé par Johann, membre et rédacteur bénévole de runagora.

